Bourreaux, que sont-ils devenus ?

23 novembre 2014

Novembre 2014

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« J’avoue, le 18 septembre 1981, j’ai pleuré ». C’est par ces mots que Marcel Reilavech débute son entretien avec Le Juriporter. Un homme de 93 ans qui pendant 41 ans a officié au poste d’Exécuteur, dernier survivant d’une époque révolue. Il reçoit chez lui, dans la banlieue de Villeurbanne.

Ce 18 septembre 1981, le couperet tombe : la loi abolissant la peine de mort est votée laissant ainsi Marcel et ses collègues sans emploi. « Du jour au lendemain, ça s’est arrêté, comme ça. » un coup dur que l’ancien bourreau peine encore aujourd’hui à évoquer. Le terme de « bourreau » ne lui convient d’ailleurs pas, préférant celui « d’exécuteur en chef des arrêts criminels, agent contractuel de l’Etat ».

« Les notaires et les avocats se plaignent qu’on attaque leur profession mais en 1981, c’est tout un métier qu’on a décapité ! » lance-t-il avec virulence. Dès le lendemain, sans aucune autre forme de procès, Marcel devait ranger ses affaires et quitter la prison, à jamais. Les larmes aux yeux, il poursuit : « Je n’ai même pas pu revoir une dernière fois Pupuce », sa guillotine préférée avec qui l’homme avoue avoir eu une relation « passionnelle ».

Après ce moment de nostalgie, il reprend : « De mon temps, on était bourreau de père en fils, c’était un travail respectable, maintenant je ne suis plus rien. » dit-il en caressant une réplique exacte d’un échafaud échelle 1/8. Mais justement que devient-on après ? « Beaucoup ont tout simplement perdu la tête, si je peux me permettre l’expression » déclare-t-il. Il y a bien Patrick qui a tenté sa chance aux Etats-Unis, pour vivre « le rêve américain. Mais les injections létales, ça n’a pas le même charme que la faiseuse de veuves, il est vite tombé en dépression » termine-t-il avec émotion. Très vite, Marcel lui décidait de se reprendre en main. Dès 1983, il devient alors chasseur de tête. « On ne se refait pas » justifie-t-il.

De cette période, Marcel préfère garder les bons souvenirs : les relations humaines, cette petite excitation avant la sentence ou encore ce bruit si particulier d’une lame pourfendant la chair. Bref, tout ce qui faisait le charme d’une profession que l’on a trop vite oubliée.

Le Juriporter

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Une réponse à “Bourreaux, que sont-ils devenus ?”

  1. Justicier 29840 Dit :

    J’avoue que c’est triste, un bourreau sans travail, ca ne sert plus à rien.

    Répondre

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